grand-pariJ’ai été frappé par le vent d’unanimisme qui est passé après la conférence de presse de Nicolas Sarkozy sur le Grand Paris. Le 29 avril, sous les reproductions médiévales de la Cité de l’Architecture, notre Grand Président Sarkozy (GPS) nous a gratifiés d’une reculade étonnante. Il a soigneusement évité tout ce qui fâchait, en particulier la question des réformes institutionnelles. Après la levée de bouclier provoquée par le rapport Balladur présenté début mars, on avait rapidement compris que le volet institutionnel serait repoussé. Mais en fait, mercredi, il a été purement et simplement désintégré. Désormais, qu’on se le dise, pour notre GPS, l’important c’est le projet. C’est promis, il ne s’intéresse plus qu’au développement urbain, durable, équitable, de la capitale. Et peu importe comment. Pour la gouvernance, ce sera aux générations futures de se débrouiller.

Alors, à défaut de lancer la révolution institutionnelle, qu’a donc annoncé notre GPS ? Eh bien, il  a égrené de doctes considérations sur la ville lumière, son histoire, son destin, son avenir, parsemant son discours de quelques propositions, en matière d’urbanisme notamment, dont personne ne sait comment elles pourront être suivies d’effet. Il a en particulier promis de nous faire le Grand Huit, un métro de 130 kilomètres autour de Paris pour la modeste somme de 35  milliards d’euros. Une merveille d’inventivité technocratique, qui, après le flop des villes nouvelles, risque de nouveau de corseter la région parisienne dans un schéma de développement théorique et figé. Pourtant, une des principales constantes des équipes du Grand Pari de l’agglomération parisienne, était justement de ne plus morceler la métropole dans des zonages hermétiques entre activités économique, logement, commerces. Avec ce métro couteux, qui ne reliera que de futurs pôles économiques sélectionnés d’en haut, on régresse vers une logique étatique et dépassée du développement urbain.

Par ailleurs, outre la question des transports, notre GPS, sans surprise, s’est précipité sur les propositions les plus faciles émises par Christian Blanc et les dix équipes d’architectes du Grand Pari. Une nouvelle forêt dans le cône de bruit de Roissy ?  Oui bien sûr, planter des arbres, ça plaît toujours ! Des clusters, ouah ça sonne bien, ça fait riche, vous m’en mettrez une dizaine. Une capitale se doit d’avoir une entrée maritime ? Ben voyons, Paris-sur-mer, c’est simple, ça a de l’allure, ça brille, ça ne pouvait que plaire à notre GPS ! Allez, avec notre GPS, cap sur le Grand Paris Bling-Bling.