Voici le texte de ma dernière tribune parue dans Tremblay Magazine de mai.

Le déchaînement médiatique de ces dernières semaines a laissé un goût amer à toutes celles et ceux qui sont attachés à leur ville. Quelques voyous ont  réussi à pourrir la vie des habitants du grand  ensemble et à ternir durablement l’image de Tremblay. Le principal problème n’est pas de savoir si TFI a truqué son reportage. Si c’est le cas, c’est évidemment scandaleux et irresponsable. Mais, mis en scène ou pas, le trafic au bas des tours existe, et c’est cette réalité qui est intolérable. Le centre-ville est un quartier comme beaucoup d’autres, en proie au chômage et à de multiples difficultés sociales. Terreau fertile pour l’économie souterraine, il est devenu en quelques mois un point de trafic important. La lutte contre la délinquance doit évidemment s’intensifier et les moyens de la police doivent être augmentés. Mais la situation ne pourra s’améliorer durablement qu’avec une intervention massive en matière d’accompagnement social, de formation, de lutte contre le décrochage scolaire, d’insertion professionnelle. Il faudra également parvenir à accélérer le renouvellement urbain et la restructuration du grand ensemble. Depuis quelques mois, les citoyens de Tremblay assistaient à une montée spectaculaire de l’insécurité. Violences scolaires, braquages, agressions, une inquiétude sourde montait. Espérons que l’emballement médiatique de ces dernières semaines aura au moins permis de crever l’abcès et de jeter les bases d’une profonde prise de conscience sur l’état de notre ville.