Au-delà des divergences de vue entre le Parti socialiste et Les Verts Europe Ecologie sur la sortie du nucléaire ou “du tout nucléaire”, à gauche en tout cas, la prise de conscience est réelle. La catastrophe de Fukushima nous interpelle violemment sur le risque nucléaire et sur l’état de la planète que nous laisserons aux générations futures. Voici ma tribune parue en avril. 1700 signes pour traiter d’un tel sujet, c’est court, mais ça force à aller à l’essentiel. 

Energie, le modèle français en question.

En France, le nucléaire est plus qu’une simple filière énergétique. C’est un fleuron industriel qui produit 80 % de notre électricité, emploie plus de 100 000 personnes, rapporte des devises et allège considérablement notre production de C02. C’est pourquoi le combat anti-nucléaire est rarement parvenu à perturber le consensus national. Il est à noter qu’à chaque fois, c’est la gauche arrivée au pouvoir qui trancha en faveur des opposants. Ce fut le cas pour François Mitterrand qui stoppa le projet d’implantation d’une centrale à Plogoff, ou pour Lionel Jospin qui décida la fermeture de Superphénix. Après le drame japonais, la première réaction de Nicolas Sarkozy a été, sans surprise, de confirmer que nous resterions le pays du nucléaire.

Mais on ne peut se satisfaire de ce statu quo. Chaque année, nos 60 sites produisent 1150 tonnes de déchets dont une partie restera radioactive pendant des millions d’années. Si l’on ajoute les risques liés au fonctionnement des centrales, au transport et au stockage des matières dangereuses, nos choix énergétiques d’aujourd’hui conditionnent l’avenir et la sécurité des générations futures. En un siècle, nous avons déjà consommé l’essentiel des énergies fossiles et légué à la postérité des milliers de tonnes de déchets dangereux et indestructibles. Le nucléaire sera difficilement remplaçable, mais pourtant, il faut impérativement organiser la transition vers un modèle privilégiant les énergies renouvelables L’expertise de notre filière nucléaire pourrait évoluer vers le traitement des déchets et vers l’énorme marché de démantèlement des centrales anciennes. Une mutation encore très lointaine, mais vitale.