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Le 4 novembre dernier, en compagnie du ministre et de la secrétaire d’Etat en charge de l’Ecologie Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Sarkozy s’est rendu à Vaujours pour visiter la nouvelle ligne de production de l’usine Placoplatre du groupe Saint-Gobain, puis pour animer une table-ronde consacrée à la mise en oeuvre du Grenelle de l’Environnement, adopté le 21 octobre en première lecture à l’assemblée.
Pour ce qui est de l’environnement en Seine Saint-Denis, ça se confirme, Nicolas Sarkozy a des idées très personnelles sur la question. En effet, après avoir théorisé brillamment le lavage de La Courneuve au Karcher, il est passé à la pratique à l’autre bout du 9-3, en faisant nettoyer Vaujours de la trentaine de caravanes de gens du voyage qui risquaient de heurter le regard et la sensibilité environnementale de la suite présidentielle (pour en savoir plus, cliquez ici).
Pour revenir à l’usine Placo de Vaujours, j’ai un peu de mal à voir ce mastodonte comme un site exemplaire en matière de développement durable. Son impact environnemental semble singulièrement minoré par Saint-Gobain. On est certes loin des témoignages des habitants du Vert Galant qui parlent du tapis blanc qui recouvrait leur jardin certains matins, mais malgré tout, sur la question des rejets atmosphériques et du bruit, je crains que le tableau dressé par l’entreprise ne soit très idéalisé, notamment lorsque les dirigeants affirment par exemple, que le nouveau bâtiment fait écran et joue le rôle de mur anti-bruit ! Les riverains apprécieront !
Rappelons que ce vaste ensemble de production se situe à la limite sud de Tremblay et marque de son empreinte tout le secteur avec plus de 185 000 m2 de constructions ! Dans cette plaquette autopromotionnelle (4 Mo) , Saint-Gobain fournit des éléments intéressants et démontre l’importance de ce site de production qui est le plus important d’Europe, et pour longtemps puisque la carrière de gypse de Vaujours dispose d’au moins 50 ans de réserves. Enfin, notons au passage que le centre de formation de Saint-Gobain accueille des jeunes de Tremblay dans le cadre de leur parcours d’insertion.
Ils se fondent sur la résolution formulée à Genève le 22 avril dernier par le Groupe d’action du transport aérien (ATAG), rassemblant des grands acteurs du secteur – Airbus, Boeing, compagnies aériennes – où ils aspiraient à un futur sans carbone.
En outre, les membres de l’ACI Europe ont décidé de lancer un système d’accréditation environnementale avant leur prochain congrès annuel, “qui devrait permettre à tous les aéroports de suivre de manière volontaire un cadre commun pour le contrôle, l’information et la réduction des émissions de carbone avec une possibilité de devenir neutre en la matière”, selon leur communiqué.
(merci à la Gazette des communes)
La situation géographique de Tremblay et de ses voisines, aux confins de la première couronne de la région parisienne, en limite de la zone urbanisée, l’expose aux nuisances que la capitale et sa zone dense rejettent vers l’extérieur. C’est le cas de l’aéroport bien sûr, mais aussi des zones industrielles, commerciales, des entreprises de logistique, des décharges etc…
Malgré cela, notre cadre de vie reste généralement agréable, même si notre secteur n’est pas aussi bucolique que l’on pourrait l’espérer.
Ainsi, par exemple, la décharge de Claye-Souilly, la plus grande de France, va avoir l’honneur de servir de terrain de jeu à l’entreprise Veolia qui souhaite en faire un site pilote de captage du CO2 (voir le communiqué de Veolia) avec la bénédiction du député-maire de Claye-Souilly, Yves Albarello. Le captage est une méthode nouvelle, encouragée par les instances internationales, pour lutter contre l’émission de gaz carbonique et limiter l’effet de serre. Il s’agit en fait de récupérer le CO2 émis par l’incinérateur de la décharge et de l’injecter dans le sous-sol pour éviter sa dispersion dans l’atmosphère. Mais nous en sommes encore au stade expérimental et tout danger n’est pas écarté malgré les propos rassurants des promoteurs du projet.
Sur ce dossier les informations arrivent au compte-goutte, généralement noyées dans un bain d’autosatisfaction technocratique comme on aime. Pour ma part, je n’ai pas d’avis tranché sur cette question très complexe. Le procédé fait partie des solutions retenues par l’Union européenne ou le Grenelle de l’Environnement pour lutter contre le réchauffement climatique, mais par ailleurs, des institutions environnementales très sérieuses contestent le bien fondé du captage qui dépenserait beaucoup trop d’énergie au regard du résultat. Pour ceux que ça intéresse voici un article du Parisien pour présenter le sujet et le site de l’Adenca, association de Claye fermement opposée au projet.
En tout cas, la question mériterait un peu plus de transparence et il faut se féliciter qu’une réunion publique ait pu se monter à Mitry le 25 juin prochain (20h00 salle Prévert), pour évoquer ce projet. Veolia veut aller vite sur ce sujet pour conquérir les marchés juteux qui se profilent. Mais ils avancent à marche forcée, alors que le fait de créer un site de captage dans une zone si peuplée est pour le moins problématique. Nous sommes concernés à Tremblay, car une fuite de CO2 présenterait des risques pour les populations à des kilomètres à la ronde. Certains comparent une éventuelle fuite à la catastrophe naturelle du lac Nyos au Cameroun. En 1986, une énorme bulle ”naturelle” de gaz carbonique était sortie du lac Nyos et avait tué 1700 personnes à des dizaines de kilomètres à la ronde…
Sans verser dans le catastrophisme, il apparaît pour le moins nécessaire d’informer clairement la population concernée. D’autant que le sujet étant relativement nouveau, il n’existe pas de véritable dispositif réglementaire pour encadrer cette activité. Alors, péri-urbains, séquano-dyonisiens et seine-et-marnais, soyons vigilants.





Aufildelourcq
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