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Il y a 20 ans, le 16 août 1989, par décret du Président de la République, Tremblay-lès-Gonesse devenait Tremblay-en-France. Cela méritait une petite célébration amicale avec celui qui en fût le principal artisan.
Il y a quelques jours, début août, j’ai eu le plaisir de rendre visite à France et Hervé Revel, dans leur maison familiale située près de Narbonne. Aidé par la décontraction balnéaire et l’ambiance méditerranéenne, j’ai obtenu l’accord d’Hervé pour réaliser la petite interview que vous pourrez visionner ci-dessous. Au cours de ce bref entretien, enregistré en une seule prise et dans la plus grande improvisation, l’ex maire-adjoint à la culture évoque un évènement local, dont il a été le principal artisan : le changement de nom de Tremblay-en-France (pour plus de détails, voir le site de la Société d’Etudes historiques de Tremblay).
Officier des Palmes Académiques, Chevallier des Arts et Lettres, Proviseur du lycée de Tremblay jusqu’en 1996, passionné d’histoire et Maire-adjoint à la culture de 1977 à 2001, Hervé a beaucoup œuvré pour Tremblay, pour sa vie culturelle, pour la valorisation de son patrimoine. Nous devons notamment à son obstination, le développement du cinéma Jacques Tati, devenu le deuxième cinéma indépendant du département après le Méliès de Montreuil.
La ville lui doit aussi son changement de nom, un acte on ne peut plus fondamental et identitaire. En devenant Tremblay-en-France, Tremblay-lès-Gonesse accomplissait une mue qui allait de pair avec le développement considérable lié au développement du pôle de Roissy-Charles-De-Gaulle. Paradoxalement la ville renouait également avec son passé, puisque avant la Révolution, Tremblay était caractérisée par son appartenance au Pays de France, un territoire clairement identifié et homogène, au nord est du bassin parisien, s’étendant de Saint-Denis jusqu’aux abords de Meaux. La petite commune rurale d’alors était indifféremment appelée Tremblay-Saint-Denis ou Tremblay-en-France.
Aujourd’hui, Tremblay-lès-Gonesse, ce patronyme hérité d’une logique administrative étroite appartient au passé. Pour ceux qui n’en connaissaient que le nom et surtout son célèbre sobriquet de « tremblez les gonzesses », Tremblay-lès-Gonesse est une ville disparue, introuvable, sauf peut-être sur les anciens documents administratifs, les vieux atlas, les dictionnaires jaunis, les cartes postales d’avant 1989… Celles qui nous parlent d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître…
Samedi 13 décembre, plus de 200 personnes ont assisté au vernissage de l’exposition présentée par la Société d’études historiques de Tremblay à l’église Saint-Médard, dans le cadre de la commémoration du 90ème anniversaire de l’Armistice de 1918. Un succès mérité au vu de l’intérêt et de la qualité de cette manifestation qui rappelle combien notre histoire locale fût étroitement mêlée à l’Histoire de la Grande Guerre.
En effet, le 3 septembre 1915, c’est de Tremblay que décolla la patrouille aérienne qui sauva Paris et changea le cours de la 1ère guerre mondiale, en détectant le changement de trajectoire de l’armée allemande. C’est à Tremblay toujours que le 5 septembre, le général Galliéni décida la contre-offensive de la Marne qui stoppa l’avancée allemande, c’est à Tremblay encore, sur la place de l’église, que le premier convoi des taxis parisiens se rassembla dans la nuit du 6 au 7 septembre, avant de partir au combat.
Témoin de ces temps troublés, André Mare, jeune peintre d’avant garde, ami d’enfance de Fernand Léger, est cantonné pendant près d’un an à Tremblay. Soldat de la 47ème batterie d’artillerie, Il rédige et illustre des carnets de guerre avec des aquarelles qui évoluent au fil des pages vers un cubisme de plus en plus affirmé. après la guerre, il devint une des grandes figures de l’Art déco. Mais il succomba prématurément en 1932 de la tuberculose, des suites des brûlures au poumon provoquées par le gaz ypérite.
Samedi matin, son petit fils, Denis Vène, Ambassadeur de France au Paragauy, était présent au vernissage. Son épouse Laurence Graffin, journaliste et productrice, était également à Tremblay pour une séance de dédicace de l’ouvrage qu’elle a consacré aux carnets de guerre d’André Mare (Carnets de guerre 1914-1918 André Mare aux éditions Herscher).
Vous pouvez retrouver ici, l’article que le Parisien consacre aujourd’hui à cette initiative. L’exposition est visible à l’église Saint Médard jusqu’au 20 décembre, tous les après-midi (sauf mercredi) de 14h00 à 16h30.





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