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7 jours pour convaincre.
juin 1, 2009 in Uncategorized | Tags: élections européennes, martine aubry, parti socialiste, tremblay magazine, Tremblay-en-France | 1 comment
Les élections européennes approchent. La campagne a du mal à décoller, les états majors craignent une très faible participation, mais il faut au moins signaler les efforts de certaines formations politiques pour améliorer la qualité de leur campagne officielle audiovisuelle. Les spots sont en général plus dynamiques et d’une esthétique plus travaillée que par le passé. A cet égard, la prestation Martine Aubry est plutôt réussie
Sur le fond, la gauche européenne a également eu le mérite de conjuger ses efforts pour tenter de donner une sens réellement politique et européen à cette élection, en mettant en avant un ensemble cohérent de propositions communes rassemblées dans le Manifesto du Parti Socialiste Européen.
Enfin - penser global, agir local ! – ma tribune dans le journal municipal est consacrée ce mois-ci aux élections européennes. La date limite de consommation sera courte – jusqu’au 7 juin – mais il me semblait indispensable de consacrer cet espace d’expression à un scrutin qui va donner le ton à la politique européenne des 5 prochaines années. Voici donc mes 1700 signes de juin :
Un manifeste pour une autre Europe.
Les débats passionnés de 2005 autour du référendum sur le traité constitutionnel semblent bien loin. Mais les élections européennes confrontent toujours des conceptions politiques radicalement différentes. Celle de Nicolas Sarkozy est simple : « L’Europe doit changer, le changement c’est moi ». Pourtant, la Présidence française de l’Union n’a pas été une réussite. Mis à part l’affichage et les grandes démonstrations médiatiques, Nicolas Sarkozy est resté dans le droit fil des conservateurs européens. Ses pratiques ont affaibli les institutions communautaires, il n’a obtenu aucun résultat sur le plan social ni sur les services publics, a reculé sur la durée maximale du travail, et a échoué sur le plan économique.
Mais face aux conservateurs, il existe une véritable alternative européenne. Les partis socialistes de chaque pays se sont accordés sur le Manifeste du Parti Socialiste Européen (PSE). Celui-ci est porteur d’une dynamique nouvelle, à travers un véritable plan de relance économique et écologique, avec une directive cadre sur les services publics, avec la lutte contre le dumping social et la proposition forte d’un salaire minimum européen.
Ces élections pourraient porter une majorité de gauche au Parlement européen. Dans ce scrutin à la proportionnelle intégrale, propice à la dispersion et au défoulement, le vote socialiste est non seulement utile pour la France et pour l’Europe, mais indispensable pour changer l’orientation libérale de la Commission européenne. Pour cela, il est essentiel de devancer les conservateurs au Parlement européen, et seul le PSE, qui regroupe l’ensemble des socialistes européens, est en mesure le faire.
Thierry Godin – Conseiller municipal – Parti socialiste
Hadopi. Le drapeau noir flotte sur le web.
mai 12, 2009 in Uncategorized | Tags: hadopi, parti socialiste | 1 comment
Aujourd’hui, le gouvernement a enfin réussi à faire adopter sa loi « création et internet », dite Hadopi, par les députés. Je suis heureux de constater, qu’hormis quelques exceptions, la gauche a bien bataillé contre ce texte inepte. Inepte et symbolique, car les multiples controverses autour du projet de loi Hadopi soulèvent des questions essentielles sur le devenir de notre société médiatique. Cette loi défend principalement les intérêts des grandes entreprises de communication, les producteurs, les diffuseurs, qui sont, bien plus que les artistes eux-mêmes, victimes du téléchargement illégal. En effet, le droit d’auteur résiste relativement bien, tout simplement parce que la vente directe d’œuvres représente moins de 20 % de l’ensemble des droits perçus par les auteurs. Ce n’est bien sûr pas un hasard si Pathé, Universal ou la FNAC sont les principaux zélateurs de ce texte. Quand à l’affaire TF1, avec l’éviction de Jérôme Bourreau-Guggenheim, responsable du pôle innovation web de la chaîne, elle n’est rien de moins que consternante. Cette affaire fait toucher du doigt les liens consanguins entre la principale chaîne de télévision privée et l’Etat Sarkozyste. Je suis curieux de connaître l’issue du procès aux prud’hommes qui devrait s’ensuivre. Le délit d’opinion va-t-il devenir une cause de rupture de contrat de travail ?
Mais pour revenir au texte lui-même, sa nature frileuse et uniquement répressive le rend déjà obsolète. Plutôt que de mener un ultime combat d’arrière-garde contre l’évolution technologique, la seule question qui vaille aujourd’hui est celle de repenser la rémunération du droit d’auteur. La reproduction et la diffusion illimitée d’œuvres audiovisuelles sous forme de fichiers numériques pose certes un problème. Mais c’est un fait, c’est le sens de l’histoire. Tout dispositif répressif ou culpabilisant sur le prétendu pillage culturel ne pourra être qu’éphémère. Sans être bêtement cocardier, la « contribution créative », défendue par les socialistes notamment me semble une piste bien plus intéressante à explorer. Proposé par le chercheur Philippe Aigrain, ce nouveau système autoriserait le partage de fichiers sur Internet dans un cadre non commercial tout en mettant en place une contribution forfaitaire mutualisée pour chaque foyer. Destiné en majeure partie à la rémunération des créateurs, le montant de cette contribution serait fixé entre 2 et 7 euros par mois et par foyer abonné au haut débit, pour un montant global situé entre 700 millions et 1,4 milliard d’euros par an. Ce qui pourrait s’apparenter aux redevances déjà mises en place à partir de 1985 pour les mêmes raisons, jadis sur les cassettes, et aujourd’hui sur les CD et DVD vierges. En effet, il n’est pas inutile de rappeler qu’à l’arrivée des cassettes audio, puis VHS, puis des supports numériques, les mêmes questions sur la reproduction des œuvres étaient posées. Avec déjà les mêmes réflexes mercantiles et rétrogrades et, heureusement, des réponses qui le furent moins. Il est vrai qu’à cette époque, Jack Lang était encore du côté des modernes…
Pour finir, signalons aux jeunes parents, la sympathique initiative du label BlogUp Music qui met en ligne gratuitement le volume 4 de « Have a good night » un disque de berceuses new look. Comme quoi, la création n’est pas forcément victime du Net !
Après la gauche plurielle, le socialisme pluriel.
avril 15, 2009 in Uncategorized | Tags: conseil municipal, démocratie de proximité, parti socialiste, Tremblay-en-France | Leave a comment
Celles et ceux qui s’intéressent de près à l’actualité politique à Tremblay n’auront pas manqué de constater une avancée démocratique considérable dans le dernier Tremblay Magazine. Deux pages au lieu d’une seule sont désormais consacrées à l’expression des sensibilités politiques siégeant au conseil municipal. Pourquoi cette soudaine hypertrophie politico-textuelle dans la publication municipale me direz-vous ?! Mais tout simplement parce qu’il a fallu ajouter un cinquième espace d’expression pour le Parti socialiste.
De la discussion jaillit la lumière ! Il semble que la municipalité ait été convaincue de la pertinence de mes arguments et de la nécessité de mettre fin à la procédure contentieuse que j’avais engagée. La loi dite “Démocratie de proximité ” et la jurisprudence du tribunal administratif sont en effet sans ambiguïté sur le droit d’expression des minorités dans les journaux municipaux. Mais cette page conflictuelle est désormais tournée. J’aurai désormais – sauf accident de parcours – un espace d’expression tous les mois dans le journal municipal et je ne bouderai pas mon plaisir devant cette réelle avancée démocratique. Cliquez ici pour lire mon premier texte paru dans l’édition d’avril.
Reste que pour le lecteur tremblaysien non-initié, la présence d’une tribune - la mienne – siglée “Parti socialiste”, au côté d’une autre tribune, signée Alain Durandeau, au nom des “élus socialistes de Tremblay” a de quoi laisser perplexe. Alors petit rappel. Lors des élections de mars 2008, Alain Durandeau et les membres de son groupe étaient sur la liste du maire et ont donc été exclus du Parti socialiste qui présentait sa propre liste. Ils ont depuis rejoint le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Vous suivez ? Quant à moi, j’étais tête de liste du Parti socialiste “officiel” aux élections municipales (cf illustration). Aucun n’accord n’ayant pu être trouvé avec François Asensi qui voulait nous imposer des conditions inacceptables, le PS a fait cavalier seul, allant au-devant d’une défaite certaine, mais sans autre choix. En conséquence de quoi, aujourd’hui, nous sommes dans l’opposition, ce qui constitue une première à Tremblay depuis l’union de la gauche initiée dès 1971 par Georges Prudhomme pour le Parti communiste et Hervé Revel pour le Parti socialiste. Suite au prochaine épisode.
C’est lundi, c’est mairie.
mars 29, 2009 in Uncategorized | Tags: budget primitif, conseil municipal, démocratie de proximité, parti socialiste, Tremblay-en-France | Leave a comment
Le prochain conseil municipal se déroulera le lundi 30 mars à 19h00. Un conseil important puisqu’il sera notament consacré au traditionnel collectif budgétaire de la ville et à la fixation des taux d’imposition pour l’année 2009. Autre sujet qui concerne directement la vie politique locale, l’installation de conseils de quartier, une mesure que nous avions mis en avant lors de la campagne municipale pour développer la démocratie participative ,ou dit plus simplement, pour améliorer la concertation et le dialogue. Autant dire qu’il y a de quoi faire ! Je m’aperçois par ailleurs que je n’avais pas mis en ligne mon intervention introductive lors du vote du Budget primitif 2009 en janvier dernier, c’est chose faite, cliquez-ici !
Contre l’assignation à résidence des esprits.
janvier 17, 2009 in Uncategorized | Tags: gaza, ligue des droits de l'homme, parti socialiste | Leave a comment
Je ne suis pas un adepte des pétitions et je n’en signe presque jamais. Pourtant il est des moments où le rappel de valeurs collectives fondamentales s’imposent. La violence de l’offensive israélienne sur Gaza est intolérable et la communauté internationale, l’Union Européenne en particulier, doit tout mettre en oeuvre pour obtenir un cessez-le-feu. Mais cette condamnation du conflit ne doit pas engendrer des prises de positions qui exacerbent les clivages religieux et communautaires. La Ligue des Droits de l’Homme est à l’origine d’un appel intitulé “Refusons toute instrumentalisation communautaire”, que j’ai signé, comme de nombreuses organisations, dont le Parti socialiste. Vous pouvez vous associer à la démarche en allant sur le site de la Ligue des Droits de l’Homme en cliquant ici.
Gaza : Refusons toute instrumentalisation communautaire
“Le conflit israélo-palestinien est une fois encore entré dans une phase dramatique. Ce conflit n’est ni religieux ni « ethnique », mais bien politique et territorial : l’engrenage de la violence dont les populations civiles sont les premières victimes s’enracine dans l’aggravation, depuis des décennies, du sort insupportable fait au peuple palestinien. Rien ne peut justifier les attaques – d’où qu’elles viennent dirigées contre les civils. Mais chacun sait, au-delà de la condamnation nécessaire de tout crime de guerre, que la paix ne pourra advenir sans justice, cette paix par le droit hors de laquelle aucun des deux peuples ne pourra vivre un avenir humain.
Les 900 morts palestiniens des deux dernières semaines, dont de très nombreux civils, victimes des bombardements et de l’offensive de l’armée israélienne à Gaza, comme les 34 morts israéliens des cinq dernières années victimes de tirs de roquette du Hamas, ne peuvent que soulever une émotion légitime. En France, nous constatons que la sensibilité à cette actualité tragique s’exacerbe. Trois actes inacceptables ont été commis à l’encontre de synagogues à Toulouse et à Saint-Denis et contre une collégienne à Villiers-le-Bel. Ces actes sont heureusement des faits isolés. Mais la réaction des autorités politiques françaises qui s’en remettent aux instances religieuses pour prévenir la violence n’est ni admissible sur le terrain de la laïcité ni de nature à prévenir les dangers qu’elles invoquent. De même, l’organisation d’une manifestation communautaire de soutien à l’un des deux protagonistes du conflit, même si elle est restée isolée, renforce le risque que l’expression des indignations et des solidarités mette face à face des communautés dont les membres seraient collectivement assimilés à l’un des deux camps.
Cette transposition qui enfermerait la liberté de conscience et d’expression des individus concernés dans une assignation à résidence communautaire ou religieuse serait porteuse de graves dangers pour le vivre ensemble. Il n’est pas question de remettre en cause la capacité à s’indigner de ce qui se joue en Palestine, ni l’expression de telle instance communautaire dans le débat public qui n’a rien d’illégitime en elle-même, mais de refuser une logique de transposition dans la société française des conflits et des haines qui déchirent le Proche-Orient.
Sans alarmisme mais avec vigilance, les organisations soussignées, attachées au respect de l’égale liberté de chacun, refusent toute mise en scène d’un prétendu « conflit de civilisations » et rappellent qu’aucun individu ne peut être étiqueté, stigmatisé ou agressé en raison de ses origines ou de sa foi, et que les manifestations d’intolérance, de racisme et d’antisémitisme, loin de servir les causes que leurs auteurs disent soutenir, les salissent et mettent en danger la vie démocratique.
C’est dans cet esprit que les unes et les autres continueront à défendre le respect des droits de l’Homme, du droit international et du droit de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes et à vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues.”
Premiers signataires : ACLEFEU, ALEFPA, Association des Libres Penseurs de France, Association du Manifeste des libertés, Cercle Gaston-Crémieux, CFDT, CGT, Collectif Avenir laïque, FSU, Ligue des droits de l’Homme, Ligue de l’Enseignement, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, Mouvement de la Paix, Parti communiste français, Parti de gauche, Parti socialiste, Solidarité Laïque, Unef, Union rationaliste, Union syndicale solidaires, Les Verts.
Paris, le 13 janvier 2009
Sortir de l’ornière.
novembre 24, 2008 in Uncategorized | Tags: congrès, parti socialiste, ps | Leave a comment
Comme la plupart d’entre vous, je suis affligé par le spectacle donné par le PS. Quels que soient les résultats validés par le Conseil national de mardi, chacune des deux candidates aura réuni environ la moitié des votants, sera titulaire d’une légitimité comparable, et le fait de savoir, qui des deux camps aura le plus ou moins fraudé, semble dérisoire au regard de la situation. Ce match presque nul appelle une réponse politique et non une réponse judiciaire qui ne ferait que jeter davantage le discrédit sur le PS.
Alors que faire ? Un nouveau vote ? C’est-à-dire que le feuilleton continue, on reprend les mêmes et on recommence. De nouveau un scrutin serré, des contestations, pour le plus grand plaisir des medias, de la droite, de Bayrou et de Besancenot ? Cela me semble dangereux et j’espère plutôt que le nouveau parlement du Parti, le Conseil national, saura constater l’effet dévastateur de la situation actuelle et proposera un débouché politique à cette nouvelle guerre des roses.
Il faut sortir de l’ornière et comprendre que les militants et les français attendent autre chose d’un grand parti politique qui aspire à conduire les affaires du pays. Une direction transitoire, collective, pluraliste, pourrait être mise en place pour tenter de jeter les bases du rassemblement d’un vaste pôle majoritaire, charpenté autour d’orientations politiques communes, plutôt qu’indexé sur des conflits de personnes. Avec par exemple, en point de mire, l’organisation à froid, après les européennes de 2009, d’un congrès extraordinaire de sortie de crise. On peut rêver me direz-vous ! On verra bien. En cliquant ici, vous trouverez les résultats du second tour par fédération, avant les conclusions de la commission de recolement.
« vous semblez vous amuser beaucoup Jean-Pierre Elkabach !»
novembre 18, 2008 in Uncategorized | Tags: blog, congrès, parti socialiste | Leave a comment
On me l’a demandé plusieurs fois depuis vendredi, alors je précise : NON je n’étais pas à Reims ce week end ! En revanche, dimanche après-midi, je suis allé en famille au cirque Pinder, sur la pelouse de Reuilly. Rien à voir avec le congrès socialiste, mais c’était bien quand même. J’ai vu des éléphants se coucher, des fauves tourner en cage, des équilibristes, des contorsionnistes, une sémillante illusionniste s’échapper d’un frigo, et même un Monsieur Loyal qui fait des petites blagues, bref tous les classiques qui ravissent petits et grands depuis des générations.
Mais n’allez pas croire pour autant que je me désintéresse de la vie tumultueuse du PS. La preuve, dimanche matin, avant le spectacle, j’ai écouté en partie la « spéciale congrès PS » sur Europe 1. La tension était encore palpable chez les dirigeants socialistes qui se relayaient autour de la table de Jean-Pierre Elkabach. Julien Dray en particulier éructait contre Henri Weber en hurlant qu’il fallait envoyer tout les dirigeants socialistes (sauf lui) à la retraite, bref, une ambiance du tonnerre. Dans ce climat, Jean-Pierre Elkabach, était très à son aise et distillait les questions vachardes en dissimulant mal sa jubilation devant le dépit des socialistes présents. A tel point que Pierre Moscovici finit par s’adresser à lui avec un « vous semblez vous amuser beaucoup Jean-Pierre Elkabach !», qui ne le déstabilisa que très brièvement. En grand professionnel objectif, le journaliste de 71 ans se reprit, et recommença sans sourciller à donner des leçons de renouvellement aux quadra et quinqua socialistes présents à son micro… Décidément, je suis d’accord avec Mosco, il faut vraiment qu’on arrête d’amuser Jean-Pierre Elkabach.
Le congrès socialiste pour les nuls.
novembre 8, 2008 in Uncategorized | Tags: congrès, parti socialiste, ps | Leave a comment
Vous ne parlez pas socialiste couramment ?
Ne vous découragez pas, Didier Porte est là pour vous aider :
“Le rire est le propre de l’homme, car l’esprit s’y libère des apparences“.
Emile Chartier, dit Alain
Meeting à l’Espace Fraternité d’Aubervilliers
octobre 31, 2008 in Uncategorized | Tags: congrès, Delanoe, parti socialiste | Leave a comment
Mardi soir, nous étions plus de 500 élus et militants, venus parfois de loin, à l’espace Fraternité d’Aubervilliers, pour marquer notre soutien à Pierre Moscovici et Bertrand Delanoë.
Pour moi ce sera Delanoë.
octobre 28, 2008 in Uncategorized | Tags: Add new tag, Bertrand Delanoë, congrès, parti socialiste, Tremblay-en-France | Leave a comment
Le congrès du Parti socialiste arrive. Il se tiendra à Reims les 14, 15 et 16 novembre prochains. quelques jours avant, le 6 novembre, tous les militants socialistes seront appelés à voter pour choisir entre plusieurs “motions”. En jargon socialiste, une motion est un texte d’orientation présenté par les différentes tendances du PS. Après le décompte des voix, lors du congrès, les instances du Parti sont renouvelées à la proportionnelle, en fonction des résultats obtenus par chacune des motions. En clair, une motion qui a obtenu 15 % des voix, obtient 15 % des sièges. Et cela à chaque niveau de décision. Au niveau du secrétariat national, le renouvellement est effectué en fonction du score national, les fédérations départementales sont renouvelées en fonction des scores départementaux, et dans les sections de chaque commune, à Tremblay comme ailleurs, le renouvellement de la “commission administrative” est effectué en fonction du score obtenu localement.
Pour ce congrès, 6 motions ont été présentées. Les 4 principales sont :
la motion “A” autour de Bertrand Delanoë, Pierre Moscovici et François Hollande
la motion “C” autour de Benoît Hamon, Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon
La motion “D” autour de Martine Aubry, Laurent Fabius, Jean-Christophe Cambadélis, et Arnaud Montebourg
La motion “E” autour de Ségolène Royal et Gérard Colomb
Pourquoi j’ai choisi de soutenir la motion A.
Pour de très nombreuses raisons. Mais essentiellement parce qu’il me semble indispensable d’en finir une bonne fois pour toute avec les atermoiements et les positionnements ambigües. La raison d’être du PS n’est pas de suivre ce qu’il suppose être les attentes de l’opinion, mais d’abord et surtout de se rassembler, de se remettre au travail, pour élaborer sérieusement un projet d’alternance crédible et convainquant. Le reste suivra.
En temps voulu, les français sauront juger de la pertinence de nos propositions et de la stature de notre candidat(e) à la présidentielle. Or, je pense très sincèrement que le regroupement opéré par la motion A permettra de redonner au PS la crédibilité et la cohérence qui lui faut défaut aujourd’hui. Delanoë a la stature et l’autorité pour remettre tout le monde au travail, Hollande connaît parfaitement le PS et sera un garant de l’unité du parti. Par ailleurs, tous ceux qui lynchent Hollande aujourd’hui se sont rangés derrière lui lors des derniers congrès et pouvaient parfaitement faire un autre choix à ce moment là.
Enfin, pour ma part je compte tout particulièrement sur la capacité de Pierre Moscovici à apporter du renouveau, de la compétence, et de la clarté. Ainsi, c’est à lui que l’on doit en grande partie le programme de travail proposé par la motion A autour de 6 conventions thématiques ouvertes aux”forces vives” du pays.
Par ailleurs, je me permets de vous recommander la lecture de cette tribune de Bertrand Delanoë parue dans Libération le lundi 27 octobre :
REBONDS
Pour un contrat social européen
par Bertrand Delanoë, maire de Paris.
Déjà, face à la crise, de nombreux pays ont su remettre profondément en cause leur doctrine économique : c’est notamment le cas de la Grande-Bretagne quand elle procède à des nationalisations partielles, là où l’Etat français renonce à entrer au conseil d’administration des banques qu’il soutient, se privant ainsi de peser sur l’affectation précise de plus de dix milliards d’euros.
L’heure exige pourtant réactivité et capacité de contrôle de la puissance publique, comme le confirment les sombres prévisions de croissance du FMI pour l’année prochaine (+ 0,2 % seulement en France, comme pour la zone euro). Or, le budget 2009 de l’Etat traduit jusqu’à la caricature une impasse économique et sociale qui a déjà considérablement affaibli notre pays, avant même que ne se manifestent les premiers signaux de la crise financière mondiale. Inadapté aux enjeux, il sacrifie des secteurs aussi décisifs que l’emploi ou le logement, capitule en matière d’éducation, étrangle les collectivités territoriales et repousse au 1er avril la revalorisation des prestations famille et vieillesse, d’habitude effective le 1er janvier. Plutôt que de petits rafistolages, c’est à une véritable recomposition de ce budget qu’il faut procéder. Le pouvoir a tort de s’y refuser. D’évidence, il faut mettre un terme à l’absurdité du paquet fiscal et à l’injustice du bouclier fiscal, taxer les stock-options et remettre à plat le dispositif des niches fiscales. Il faut aussi refuser le creusement aveugle des déficits publics, spécialité de ce gouvernement, qui discrédite la parole de la France auprès de nos partenaires européens et pèsera sur des générations de contribuables.
Les vraies priorités : privilégier l’investissement stratégique dans l’innovation et la recherche, soutenir le logement social, défendre le pouvoir d’achat et promouvoir le dialogue social, à l’aube d’une période forcément tendue. Nous proposons, par exemple, que toute exonération de charge sociale soit désormais conditionnée par l’aboutissement de négociations sur les salaires et l’emploi.
Autre confirmation de la crise : la France a besoin d’Europe. Et aujourd’hui, opportunité inédite, des gouvernements historiquement rétifs à toute perspective de régulation concertée s’en font les avocats. Mais il nous faut aller plus loin. Dans cette perspective, il serait pertinent de financer un plan de relance par un emprunt européen de 100 milliards d’euros orienté vers des infrastructures non importables de Chine ou d’Inde et dédiées en particulier à la croissance écologique.
Il faudra aussi donner un débouché politique à cette crise lors du scrutin européen du printemps prochain. Chaque électeur pourra exprimer sa volonté de voir enfin l’Europe dotée de cette gouvernance économique dont la gauche française a toujours fait un objectif central. Et parce que le renoncement à moraliser le système financier signerait la victoire du capitalisme le plus cynique, l’Europe devra modifier ses règles prudentielles, désigner un régulateur européen et agir au plan international pour un contrôle public des agences de notation, la réglementation des fonds spéculatifs et la suppression des paradis fiscaux. Jamais, en fait, les thèses sociales-démocrates n’ont été à ce point validées par les faits. Depuis l’origine, la social-démocratie pose la régulation du marché et l’intervention de l’Etat comme des postulats majeurs. En les méprisant, le capitalisme mondialisé a failli. Qu’il me soit permis de rappeler ici les propos de Joseph Stiglitz (1) : «La situation actuelle me rappelle celle d’il y a soixante-dix ans. Quand le monde a sombré dans la grande crise, les partisans du libre marché ont dit : ne vous inquiétez pas, les marchés s’autorégulent. Laissons-leur le temps et la prospérité reviendra.» Plutôt que de prôner le retour au protectionnisme ou la trahison de nos engagements européens, la gauche doit donc au contraire se fixer pour objectif de doter l’Europe d’un nouveau contrat social, alliant mode de développement durable et nouvelles garanties pour les travailleurs, et intégrant un système financier transparent et coordonné, remis au service de l’économie réelle.
Sans filet de sécurité, sans repères, sans exigence éthique, sans compromis social, bref, sans une puissance publique prévoyante et efficace, la période qui s’ouvre sera socialement terrible pour les plus fragiles comme pour les classes moyennes. Entre le repli frileux qui réveille toujours les nationalismes et l’hégémonie d’un marché aveugle, il y a place pour un modèle social-démocrate à l’échelle européenne, que la gauche a le devoir d’affirmer, sans ambiguïté.
(1) la Grande Désillusion, Joseph Eugene Stiglitz, éd. Fayard, 2002.















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